500 000 FB de précampagne !

In-ta-ris-sa-ble ! Notre petit parvenu du moment, Guillaume De Walque, n’en démord pas. Et s’enfonce un peu plus (presque) chaque jour dans une campagne électorale tout bonnement démesurée. Le 41ème candidat PS à Bruxelles-Ville avait déjà soulevé quelques soupçons en s’offrant, ces trois dernières semaines, quatre encarts publicitaires (grosso modo 4000 € pièce) dans Le Soir et La Libre, ce qui dépasse déjà le plafond du demi-million de francs belges… Voilà qu’il amorce une deuxième salve, dans La Dernière Heure cette fois (mêmes tarifs), déclinée en thématiques (contrairement à la première où il appelait aux commentaires des citoyens). En l’occurrence dans la DH, Guillaume, sous le titre « Que puis-je faire pour vous », dénonce le problème de la propreté à Bruxelles et balance une de ses propositions (coller une amende de 15 € pour déjection canine)… La rumeur continue à enfler, au PS bruxellois, que le petit candidat bénéficierait des largesses budgétaires du boulevard de l’Empereur, grâce à ses bons rapports avec Elio. Quoi qu’il en soit, quelques cadres de l’Institut Emile Vandervelde (où bosse de Walque) auraient sévèrement gueulé pour que ce genres de pratiques arrêtent de ternir l’image du centre d’études du PS. On verra ci-après qu’on en est loin !

Bart De Wever

Président de la N-VA

Issu d’une famille poursuivie parce que soupçonnée d’une collaboration belgo-allemande (« repressiefamilie »), et à l’apogée d’un parcours des plus contestables, Bart De Wever porte indéniablement le poids de son passé. Remords ou nostalgie ?

Bart est né le 21 décembre 1970 à Mortsel, d’un père membre de la VNV (Vlaams Nationaal Verbond – Ligue Nationale Flamande). Le mouvement, qui promouvait un Etat flamand séparé de la Wallonie, fut jadis proche du parti nazi et collabora étroitement avec loccupant allemand.

Etudiant en Histoire à la KULeuven, il milite au Liberaal Vlaams Studentenverbond et est membre actif du KVHV (Katholiek Vlaams Hoogstudenten Verbond), symbole suprême de la droite conservatrice flamingante. Collaborateur… à l’université de Louvain, Bart s’intéresse et rédige des articles scientifiques sur le Mouvement nationaliste flamand Verdinaso (Verbond van Dietsche Nationaal Solidaristen – Ligue flamande Nationale-Solidariste), défendant les politiques dHitler et de Mussolini, et tendant à créer un état thiois composé de la Flandre, des Pays-Bas et de la Flandre française. Son frère Bruno, également historien et attaché à l’université de Gand, consacre lui carrément son étude à la naissance du racisme, de la VNV et du Verdinaso… Bref, une paire de vrais petits… séparatistes, à la recherche d’eux-même !

Passant de l’Histoire à la politique, Bart enfantera, après l’éclatement de la Volksunie, aux côtés de Geert Bourgeois dont il est le cerveau, l’Oranjehofgroep, embryon de la future N-VA. Le début d’une longue histoire…

Toujours dans la constance, Bart est marié à Veerle, également issue d’une famille très flamingante. Le couple affectionne particulièrement la Bavière, une région au lourd passé symbolique, et habille volontiers ses quatre enfants de la tenue traditionnelle ornée du fameux edelweiss. En politique comme dans la vie, Bart reste un homme entier ! A digérer par les Francophones…

Jacques Simonet

Profession : Député bruxellois, bourgmestre d’Anderlecht et président de la fédération MR de Bruxelles

Age : 43 ans

Signes particuliers : Du haut de ses échasses, Jacquouille continue inlassablement à dézinguer à tout va, ne tarissant pas de mots doux à l’égard de ses adversaires. Du petit lait à l’état brut.

Profession : Député bruxellois, bourgmestre d’Anderlecht et président de la fédération MR de Bruxelles

Age : 43 ans

Signes particuliers : Du haut de ses échasses, Jacquouille continue inlassablement à dézinguer à tout va, ne tarissant pas de mots doux à l’égard de ses adversaires. Du petit lait à l’état brut.

Vous négligez les lambics, spécialité bruxelloise ?

Je vais me mettre mal avec la famille Van den Stock, mais je trouve la gueuze Belle-Vue infâme. En revanche, chez Cantillon, ils ont un lambic au muscat qui vaut le meilleur champagne !

Que manque-t-il à Bruxelles ?

Un élargissement territorial à son hinterland. Je pense que Moureaux, lorsqu’il était ministre des Réformes institutionnelles en 89, a raté le coche. Il aurait du imposer une région bruxelloise étendue aux limites de l’arrondissement électoral de BHV ou de la province de Brabant. Là, on avait une vraie région avec les limites logiques de son hinterland socio-économique naturel.

Là, les autres partis sont d’accord…

Oui, mais il faut voir ce qu’il en sera lors des négociations… Nothomb avait promis de déposer le dossier des Fourons sur la table des négociations institutionnelles, à la fin des années 80. Il est effectivement arrivé devant la table, a déposé un dossier étiqueté « Fourons », il l’a ensuite retiré, et c’était terminé. J’espère donc que les francophones seront un peu plus résolus que l’a été monsieur « tout va bien », à la belle époque.

Emir Kir ne reconnaît toujours pas avoir signé une pétition négationniste sur le génocide arménien. Est-il tolérable de le garder dans le gouvernement bruxellois ?

Je pense qu’Emir Kir est un garçon de grande qualité sur le plan intellectuel et sur le plan de la représentation qu’on peut avoir des Belges d’origine immigrée, tout comme Fadila Laanan. Ce sont des gens qui font honneur à la Belgique, au point de vue de la multiculturalité. Mais qu’il soit incapable de répondre si oui ou non il a signé cette pétition, c’est se foutre du monde ! Ou alors c’est l’Alzheimer très précoce. Et pour répondre à la question que vous ne m’avez pas posée, je ne vais pas lui lâcher la grappe !

Ca vous arrive d’être déstabilisé ?

Oui, quand je dis des conneries. Quand je vais être désagréable, je sais que je vais l’être, ça ne me déstabilise donc pas. Mais parfois, je veux être aimable, et je fais une bourde. Du genre de dire à une bonne femme qu’elle attend un heureux évènement, alors qu’elle a tout simplement grossi.

Philippe Moureaux vous déstabilise-t-il encore ?

Il y a cinq ans, il arrivait encore à me faire peur. Mais maintenant j’ai changé, et je commence à le connaître. Moureaux a quelque chose de fabuleux par rapport à ça ! Lorsqu’il rentre dans une pièce, la température baisse de 10 degrés. Lorsqu’il met la main sur l’épaule d’un type, même de manière amicale, le type a son sphincter qui se lâche, hein ! Même Gol, qui débattait avec tout le monde, refusait de débattre avec lui.

A présent, c’est à votre tour de le déstabiliser ?

Ouf… non ! Moi qui me trouve cynique, à côté de lui, je ne suis qu’un gamin ! Un autre problème avec Moureaux, c’est que quand il est aimable, on sait qu’il va planter le poignard ! Non, ça… Philippe est incroyable (http://www.lesoir.be/archive/recup%3A%252F1048918%252Farticle%252Factualite%252Fbelgique%252Fpolitique%252F2015-11-20%252Fphilippe-moureaux-je-suis-celui-qui-mis-fin-au-clientelisme-molenbeek). Une vraie vedette !

Avez-vous un moment préféré de la journée ?

Les moments que je passe avec ma famille, mais ces chiens m’ont abandonné pour aller à ma maison de campagne… que je loue à mon beau-père ! Ca me permet de passer pour un soutien de famille (rires)… Enfin maintenant que Pan va en parler, il me remboursera peut-être mon loyer (rires) !

Une couleur préférée ?

Le bleu, les couleurs sombres en général. Etant enfant, j’avais fait tapisser ma chambre en bordeau, et je voulais dormir dans un cercueil. Mais ma mère avait refusé !

Vous avez des penchants gothiques ?

Non, non ! Mais je ne suis pas non plus un luminothérapeute averti.

Avez-vous un film préféré ?

Citizen Kane et Le père noël est une ordure. Ca, à chaque fois que je le vois, je suis à quatre pattes !

Un groupe ou une chanson préférée ?

Quand j’étais jeune, j’aimais bien Led Zeppelin. Mais maintenant, avec mes enfants, c’est DJ Pinocchio et la Star Ac’. L’horreur… Sinon, j’aime bien aussi la musique baroque.

En quoi voudriez-vous être réincarné ?

En bidet, dans un boxon de luxe.

Quel est selon vous l’archétype de la femme parfaite ?

Ma femme. Ou sinon j’aime beaucoup Anne Bancroft, et SigourneyWeaver. J’aime les femmes grandes !

Faut bien arriver à votre niveau !

Evidemment, vous, c’est plutôt Mimie Mathy qu’il vous faut !

Et selon vous, quelle est la femme politique la plus sexy en Belgique ?

Oufti. Je vais être franc avec vous, comme ça ma femme n’y verra que du feu : Madame Simonet ! (Marie-Do, NDLR).

Didier Gosuin ou Olivier Maingain ?

Olivier Maingain, car il a une véritable ligne de conduite. A chaque fois qu’on a eu besoin d’Olivier dans les débats institutionnels, il était là.

Que répondez-vous à Jean-Luc Dehaene, qui le place sur pied d’égalité avec Philippe Dewinter ?

Comme disait De Gaulle à propos de Pétain, « La vieillesse est un ouvrage ». Jean-Luc doit continuer à aller dans les conseils d’administration.

Philippe Moureaux ou Charles Picqué ?

Philippe Moureaux, sur tous les plans. Peut-être pas sur le plan de la chaleur humaine, mais sur la cohérence intellectuelle, la fidélité à ses convictions… Et c’est important en politique.

Louis Michel ou Didier Reynders ?

C’est plus difficile pour moi. Intellectuellement, Didier Reynders est sans pareil. Il fait partie des 24 carats. C’est la petite mousse qui est encore au dessus de la crème du cappuccino. Mais il faut aussi admettre que sans Louis Michel, on ne retournait pas au pouvoir en 99 ! Il a eu la grande intelligence de changer le discours libéral. Comme il le disait lui-même, chacun a son momentum. C’est le moment pour commencer à taper.

Charles Michel ou Olivier Chastel ?

Assez clairement Charles Michel. De toute façon, Olivier Chastel est bloqué à Charleroi !

Qui verriez-vous comme successeur de Didier Reynders à la présidence du MR ?

Je continue à professer la maxime d’Harold Wilson : A week is a long time in politics. Bien malin qui peut prédire ce qu’il va se passer.

Daniel Ducarme ou Hervé Hasquin ?

Là encore, c’est très difficile. J’ai une vrai affection pour Daniel, quels que soient les défauts du personnage. Hervé, c’est différent. La première fois que je l’ai vu, il était recteur de l’ULB et moi président des étudiants libéraux, et il m’avait convoqué pour m’engueuler. Mais il n’y a rien à faire, on ne peut pas ne pas être fasciné par son intelligence.

La même intelligence que Reynders ?

Reynders est différent. Même sans papier, il sait exactement où il en est, où il va. Un peu comme Spit’, hein (Guy Spitaels, NDLR). Il ne le sait pas, et il ne serait pas content s’il savait ce que je dis, mais il a quasiment une construction marxiste de son discours.

Serge Kubla ou Olivier Destexhe ?

Serge Kubla. Ce fut un excellent ministre, et c’est quelqu’un qui joue le jeu du parti. Destexhe a, au contraire, beaucoup profité du parti, sans beaucoup lui rendre.

Joëlle Milquet ou Isabelle Durant ?

Isabelle Durant, pour ce qui c’est passé à Schaerbeek. Elle a respecté le choix de l’électeur, et a fait preuve de courage politique. Joëlle Milquet a aussi ses qualités. Mais elle est trop obsédée par l’idée de devenir un jour vice-première.

Johan Vande Lanotte ou Yves Leterme?

Johan Vande Lanotte, sans hésiter !

Et comme Premier ministre ?

Reynders, il est bilingue au moins. si les Francophones veulent se faire respecter, et avoir un Premier ministre, c’est le seul qui soit crédible. Qu’on ne vienne pas avec Di Rupo ! C’est bien de se balader avec le Standaard sous le bras comme il l’a fait pendant des années en se rendant à la Chambre, mais il faut encore savoir lire, il n’y a pas que des photos dans les journaux. Reynders, lui, a un très bon niveau.

Mais pour avoir un libéral au 16, il faudrait que la famille libérale soit la plus forte du pays ?

Ça s’est déjà vu que ce ne soit pas la plus grande famille politique qui fournisse le premier ministre. Dehaene en 91… Enfin, je cite les grands auteurs. Je ne suis qu’un opticien de village…

Si le MR n’avait pas existé, dans quel parti auriez-vous milité ?

Bon, le cdH, pas question. Philosophiquement, ça ne va pas. Je suis franc-maçon, je ne vais pas commencer à faire le faux-cul. Si je voulais être sympa, je dirais Ecolo. Mais pour quelques types sérieux, il s’agit plutôt d’une bonne bande de farceurs. Non, je pense que j’aurais été au PS… C’est ce qui aurait été le plus normal, je serais rentré dans le parti de mon père. Mais sous Cools, ce n’était pas possible. Ce type était une vraie brute, ce qui se fait de pire dans la politique politicienne socialiste. Il caporalisait ses bourgmestres, ses parlementaires, et même ses ministres

Ce n’est pas le cas d’Elio Di Rupo ?

Vis-à-vis de madame Vienne, il est certainement le chef… Mais par rapport à d’autres, il devrait peut-être se poser des questions !

Votre personnalité préférée au PS ?

A part mon père… Guy Spitaels !

Chez Ecolo ?

Les deux secrétaires fédéraux. Je les considère comme des gens de qualité.

Au cdH ?

Pff… Van Zeeland. Parce que sa petite-fille a été sur une liste commune avec la bourgmestre de Forest.

Vous bouffez du curé ?

Pas du tout. Mais il n’y a rien à faire, pour moi, le cdH, c’est le PSC tel que le décrivait Jean Gol : c’est comme le papier tournesol. Il devient rouge ou bleu selon le liquide dans lequel on le plonge. Je n’arrive pas à saisir leur ligne de conduite.

Avez-vous une question gênante à poser à un adversaire politique ?

Mais lequel ?

Philippe Moureaux ?

Je ne poserai aucune question gênante à Philippe Moureaux, aussi longtemps que nous serons en pleine négociation pour répartir les mandats dans les intercommunales, au détriment du cdH ! Quoique : Philippe, pourquoi as-tu lâché tes amis de l’olivier ?

Comment vous voyez-vous dans dix ans ?

Cfr. Harold Wilson…

Qu’aimeriez-vous qu’on retienne de vous ?

C’est le cadet de mes soucis. En privé, que j’ai été un bon père et un bon mari.

Si vous avez 30 secondes libres, de quoi avez-vous envie de parler ?

Du beau. Les lecteurs de Pan doivent s’en foutre, parce qu’ils sont encore plus cyniques que vous et moi, mais je pense que ça vaut la peine de prendre une minute, quinze minute, ou trente minutes par jour, pour appréhender le beau, que ce soit sur le plan pictural, musical ou autre. Je pense que ça donne une respiration à l’homme et à la femme qui touche la beauté, et qui le rend un peu meilleur.

A qui décerneriez-vous le grand prix Pan d’Or cette année ?

Dans les grands flingués : Laurette Onkelinx ! Ça lui fera plaisir, c’est une amie.

Que pensez-vous avoir gagné avec cet interview ?

L’estime de tous ceux dont j’ai dit du bien. Et comme je n’ai dit du mal de personne, je n’ai rien perdu (rires) !

Les cancres de la transparence

Transparence, quand tu nous tiens… Depuis 2005, nos chères éminences sont tenues de déclarer chaque année leur liste de mandats (rendue publique) ainsi que l’état de leur patrimoine (gardé secret sauf en cas de procédure judiciaire). Comme chaque année, quelques « négligents » ou je-m’en-foutistes ont « omis » de rentrer l’une et/ou l’autre… Avec quelques surprises.

Les rebelles

Au rayon des « même pas peur », on trouve surtout des bourgmestres, tous « coupables » de n’avoir pas déclaré leur patrimoine mais bien leurs mandats : Luc Bouveroux (MR – Assesse), Jean-Pierre Dardenne (MR – La Roche-en-Ardenne), Daniel de Laveleye (cdH – Ohey) et Jean-Jacques Flahaux (MR – Braine-le-Comte). En postulant que la discrétion patrimoniale soit héréditaire, on peut y ajouter le député Denis Ducarme (MR aussi)…

Les distraits

À en croire leur réaction, ils ont « oublié » de rentrer leur devoir de vacances : la sulfureuse députée-échevine des Sports de Charleroi Ingrid Colicis (PS) et le tout aussi sulfureux sénateur-bourgmestre de Dinant Richard Fournaux (MR). Ils ont promis la main sur le cœur de rentrer leur déclaration de patrimoine, tout comme monsieur le secrétaire d’État Bernard Clerfayt (FDF), qui se fera un plaisir d’y joindre sa liste de mandats. Ainsi qu’Ernest Glinne, ex-futur président du PS toujours conseiller communal Ecolo à Courcelles.

Les ex

Ils étaient mais ne sont plus – et n’ont pas envie de se faire ch… à déclarer ce qu’ils faisaient dans le passé : l’ex-député Mohammed Boukourna (PS – n’a oublié « que » son patrimoine), l’ex-chef cab et (toujours ?) éminence grise de Charles Picqué Henri Dineur (PS) et les ex-bourgmestres de Dour Yvon Harmegnies (PS – « que » son patrimoine) et de Gerpinnes Roland Marchal (PS – « que » son patrimoine).

Les Flamoutches

Pointons pêle-mêle les anciens députés Claude Marinower (Open VLD) et Stijn Bex (Spirit), la députée flamande et ex-secrétaire d’État AnissaTemsamani (SP.A) ou la sénatrice Freya Piryns (Groen !).

La cerise sur le gâteau

Pour conclure en beauté, le lauréat toutes catégories de l’année 2008 n’est autre que le chantre de la « goed bestuur », premier à cracher dans la soupe corrompue de son ancien boulot : Rudy Aernoudt ! Il n’a remis ni l’une, ni l’autre. L’ex-futur Premier ministre rêvé par certains ferait bien de remettre ses petits papiers en ordre s’il veut conserver un semblant de crédibilité…

Van Cau au Vietnam

Si vous avez l’habitude de fréquenter les grands hôtels étoilés et que vous étiez en visite touristique au Vietnam il y a un mois environ, c’était l’occasion rêvée de serrer la pince à une ex-excellence du gouvernement wallon. Trônant à la table du restaurant de l’hôtel cinq étoiles Sofitel de Hanoï, Jean-Claude Van Cauwenberghe régalait une mission du Parlement wallon. Rien de grave jusque là, sinon l’ampleur de la note, qu’on imagine autrement plus salée que celle du gueuleton de victoire carolo à Virellesévoqué ces derniers temps ! Cerise sur le gâteau : ces dames, qui accompagnaient leurs époux en vadrouille, se sont fait gentiment tailler quelques parures par un tailleur local… en plein resto !

Elio rouvre la chasse aux parvenus

Jean-Louis Close (ex-bourgmestre de Namur), Daniel Van Daele(secrétaire fédéral FGTB), Claudia Camut (Saint-Ghislain), Jean-Claude Phlypo (TEC), Jacques Forest (patron de PV assurances), Jean-Pierre Labille (secrétaire général des mutualités socialistes de Liège), André Sarens (gestionnaire d’intercommunales), Claude Emonts (président du CPAS de Liège), Didier Donfut (futur ex-ministre), Françoise Dupuis (secrétaire d’État bruxelloise), Émir Kir (historien de la cause arménienne) et Jean-Claude Marcourt (ex-futur Ministre-Président de la Région wallonne) ont plusieurs points communs. Outre le fait qu’ils sont tous des fidèles du PS, ils sont tous épinglés par la Cour des Comptes comme des gros cumulards, certains très bien rémunérés. De là à croire qu’ils font partie des parvenus, seul Elio pourrait nous le dire…

Il est facile pour la presse de dénoncer les parvenus, cela fait vendre. Par contre, savoir que dans le monde politique, certains se font un point d’honneur à rester vertueux, ça n’excite personne. Qu’importe, voici les mandataires n’ayant qu’un seul et unique mandat : le germanophone Olivier Paasch (PJU-PDB), le wallon Benoit Lutgen (cdH), la flamande Inge Vervotte (CDV), la bruxelloise Evelyne Huytebroeck (Ecolo) et le flamand Bruno Tuybens (SP.A). Oui, il n’y a pas de PS ni de MR ! Qu’à cela ne tienne, les cinq mandataires précités s’offriront une copie de notre article sur leurs prochains tracts électoraux ! Et ce n’est déjà pas si mal !

Le député wallon Bernard Wesphael (Ecolo), toujours si prompt à critiquer le gouvernement wallon (mais aussi ses amis verts !) doit s’attendre à quelques moments de grande solitude. En effet, celui qui réclame à cor et à cris la transparence politique a « oublié » de déclarer l’ensemble de ses mandats à la Cour des Comptes. Ayant appris l’excellente nouvelle, deux chefs de groupe du Parlement wallon ont décidé d’allumer prochainement le brave garçon sur le sujet.

Futur grand dégât national

On le sait, la RTBF va organiser quatre face-à-face politiques la semaine précédant le 10 juin. Il a été choisi de mettre en confrontation MR et PS, PS et Ecolo, MR et cdH et cdH et Ecolo. A bien y regarder, il n’y aura pas de débat PS – cdH ! Selon un journaliste maison, il semblerait que l’audience d’un tel débat serait comparable à une 1/8 de finale de la coupe de la ville de Liège entre deux équipes de volley ! Pour le débat MR – Ecolo, la RTBF laisse RTL-TVI organiser son grand débat national.

Anne Demelenne

Profession : Nouvelle secrétaire générale de la FGTB
Age : 48 ans

Signes particuliers : Poigne de métallo dans un gant de working girl, au regard féroce à vous en désarçonner le plus capitaliste des patrons.

Serez-vous sincère pendant cet interview ?
Absolument, je suis toujours sincère.
Vous avez la réputation d’être autoritaire. Vrai ?
Non, je suis déterminée. J’ai un fond autoritaire, mais consciente de cela, je m’entoure de gens qui peuvent me contester.
Comment définiriez-vous le rôle d’un syndicat aujourd’hui dans le contexte belge ?
On est avant tout une école de la dignité. Moi j’ai vu, sur le terrain, des gens se révéler. Des gens qui n’ont pas eu leur chance, par exemple à l’école, et qui peuvent montrer qu’ils sont tout à fait à même de penser, de s’exprimer et de représenter l’intérêt général. Ca, c’est le point de vue humain, qu’on oublie souvent. D’autre part, je pense que le syndicat est un contre-pouvoir indispensable contre la pensée unique, le repli sur soi, l’individualisme.

L’action syndicale telle que pratiquée aujourd’hui – s’opposer sans proposer, comme dans le cas du Pacte entre les générations –  n’est-elle pas obsolète ?
Le Pacte des générations vient d’une analyse essentiellement européenne concernant le vieillissement de la population amenant la crainte de manquer de main d’œuvre. Partant de cette analyse-là, on nous a flanqué un modèle qui, évidemment, ne nous satisfaisait pas, parce qu’il va à l’encontre de ce à quoi les gens aspirent. Il faut pouvoir soulager ceux qui peinent au travail et laisser la place aux jeunes. L’idée même du Pacte n’était absolument pas comprise par les travailleurs, elle était révoltante.
Au-delà de la critique, vous n’avez pas proposé d’alternative(s) !
On a toute une série de propositions qui répondent à ce constat. Face à la pénurie de main d’œuvre en Flandre, un accord vient d’être passé pour faciliter l’embauche au-delà de la frontière linguistique. On a un énorme réservoir de main d’œuvre féminine, mais pour l’utiliser, il faut tenir compte de la réalité des femmes, prévoir un accueil des enfants, des plans de mobilité… Il faut peut-être rencontrer certains besoins pour découvrir qu’il y a de la main d’œuvre qui existe, qui est formée. Il faut plutôt penser aux conditions de l’accès à l’emploi. On a toute une série d’idées identiques qui vont peut-être à contre-courant, mais elles sont là.
Au bout du compte, la contestation n’a servi à rien, le Pacte est passé !
Je ne vais pas dire que c’était une grande victoire, mais en tout cas c’en était une par rapport à la solidarité. Mener comme ça des combats sur le terrain, ça soude les gens. Quand on fait une grève générale, pendant plusieurs mois, on a la paix avec les employeurs, parce qu’ils savent de quoi on est capables.

Vous aviez des alternatives à chacune des réponses énoncés par le gouvernement dans ce plan ?
On a des réponses. Au congrès de jeudi et vendredi derniers, nous avons présenté des résolutions, avec un souci de vulgarisation et de simplification parce que c’est parfois très technique. La grosse difficulté c’est qu’aujourd’hui, on doit tout simplifier ; et être simple sans être simpliste. Avec l’espace que les médias nous accordent, c’est difficile. Evidemment, c’est plus simple de dire « les étrangers dehors » ! Chez nous, c’est un peu plus complexe, plus fouillé. Grâce à des centres d’études composés de personnes très compétentes.
Ces experts techniciens arrivent à comprendre la réalité de vos affiliés, sur le terrain, du haut de leur tour d’ivoire ?
Je pense qu’un médecin n’a pas besoin d’être malade pour soigner. En fait, c’est la complémentarité qui est intéressante. Ces techniciens sont là pour nous simplifier la tâche à nous, élus, qui sommes des généralistes. Ils apportent le savoir, et nous le savoir-faire et le savoir-être, c’est-à-dire la personnalité, la négociation, la tenue d’une assemblée… C’est pas donné à tout le monde.
Vous êtes élus, mais pourtant votre accession à la présidence, confirmée vendredi passé, ne faisait aucun doute depuis plusieurs mois !
Ha bon ? L’appel à candidatures a été lancé au mois d’avril.
Mais il n’y avait pas d’autre candidat…
En fait, c’est un consensus – entre centrales et entre régionales –  qui me porte à l’élection. On n’est pas dans un suffrage universel, on est dans une élection représentative.
La centrale des métallos vient de se scinder en deux ailes francophone et néerlandophone, apparemment à cause d’un désaccord sur le passé extrémiste de son ancien représentant, Hedwig Jorissen. Le début d’un processus global de scission linguistique ?
Premièrement, la centrale des métallos est toujours sous une coupole fédérale. Par rapport à ça, les statuts sont très clairs. « On » a voulu présenter ça à l’extérieur comme une scission, mais le caractère fédéral est sauf. Et deux, il n’y aucune volonté, de la part des autres centrales, de se scinder.
L’autonomie des centrales, comme des fédérations au PS et à l’inverse de l’organisation verticale de la CSC, n’amène-t-elle pas des lenteurs dans la décision ?
Historiquement, il faut savoir qu’on a une tout autre origine que le syndicat chrétien. Chez nous, ce sont des structurations locales qui se sont regroupées en fédération. Les centrales et régionales ont leur importance, et c’est une garantie démocratique. C’est notre force, et c’est notre faiblesse. Notre force, parce qu’on est contraints à informer et à dialoguer, à trouver le plus petit dénominateur commun. Ca pourrait être une faiblesse parce qu’on pourrait donner l’impression qu’on part dans tous les sens.
Lors du Pacte entre les générations, la CSC a eu moins de cafouillages…
Concrètement, on a fait grève sans eux, puis ils ont bien été contraints de nous rejoindre. Parce que leur base, informée par nos tracts, s’est joint à nous. La CSC a fait de la résistance, mais s’est finalement associée au mouvement.
De peur de perdre des affiliés à votre profit ?
Il faut leur demander ! D’autant plus qu’ils prônaient la grève avant les vacances, et qu’à la rentrée, c’était profil bas.
La course aux affiliés, comme aux électeurs pour les partis, n’est-elle pas devenue une fin en soi ? Quitte à radicaliser le discours et l’action ?
Ca dépend du public auquel vous vous adressez. Certains affiliés préfèrent le discours de la concertation soft, de peur d’être exclus dans ou de leur entreprise s’ils soutiennent l’action plus radicale. On a l’image qu’on a, celle d’un syndicat assez… vivant. A partir de là, il y a des gens à qui ça plaît, et d’autres pas. On ne va pas se dénaturer pour plaire aux gens, on ne fait pas de l’électoralisme.

Vous parlez de pression sur les travailleurs syndiqués. L’inverse n’est-il pas vrai aussi, certains travailleurs ne s’affilient-ils pas sous la pression de leurs collègues ?
On n’a jamais mis le couteau sous la gorge de quelqu’un pour le forcer à se syndiquer ! Et ça demande certaines démarches qui donnent le temps de réfléchir.
Vous ne pensez pas que votre rôle de caisse d’allocations du chômage suscite fortement l’affiliation, nonobstant les motivations plus idéologiques, plus militantes ?
C’est historique ! Les gens ont le choix entre un organisme de payement public (la CAPAC, NDLR), ou nous qui payons systématiquement et à temps. En outre, nous, nous informons les chômeurs.
Qu’est-ce qui vous énerve au plus haut point ?
La mauvaise foi de certains dirigeants de la FEB qui disent que nous sommes populistes. Ca les dérange qu’on soit populaires ? Qu’on dise tout haut ce que les gens pensent tout bas ? Qu’on critique le salaire des top managers et des dirigeants d’entreprise ? Je trouve que c’est de la provocation gratuite.
Que proposez-vous par rapport aux salaires exorbitants des top managers et patrons ?
Au minimum un cadastre de la fortune. Et une cotisation sociale généralisée, c’est-à-dire que la sécurité sociale soit payée aussi par autre chose que les revenus du travail.
D’accord pour un impôt sur la fortune ?
Bien sûr.
Et pour l’instauration d’un strict plafond salarial, au-delà duquel le surplus serait reversé à l’Etat ?
On contribuerait à l’évasion fiscale, sauf si on fait ça à l’échelle européenne. Non, ce que je n’accepte pas, c’est qu’à partir de 31 000 €, on est taxés à hauteur de 50 %, qu’on gagne 1 000 ou 1 000 000 d’€ en plus. Ca, c’est pas juste. Plus on gagne, plus on devrait être imposé.
Quel est votre salaire mensuel ?
Je gagnais 2 800 € nets et, depuis mon élection de vendredi passé, je gagne le barème d’un administrateur-délégué dans une administration de la fonction publique.
C’est-à-dire ?
Je ne sais pas vous le dire exactement.
Vous roulez en Saab, marque dont le modèle le moins cher coûte actuellement 23 550 €. Ca peut paraître du luxe aux yeux d’affiliés qui connaissent la précarité ?
J’ai eu des conditions salon (rires). Mais quoi, je devrais rouler en Fiat Uno ? Je fais pas mal de kilomètres, de l’ordre de 50 000 par an. Deux, je dois avoir une voiture fiable ; quand j’ai des réunions à longueur de journée, je dois pouvoir y arriver. C’est une voiture qui est sûre, qui n’est pas d’un luxe immodéré…
Vous avez un chauffeur, vous ou d’autres dirigeants de la FGTB ?
Non. C’est-à-dire qu’on a, quand on doit aller dans certaines réunions, quelqu’un qui nous conduit, parce qu’on a des problèmes de parking ou autres.
Le fonctionnement financier des syndicats n’est pas totalement contrôlé par l’Etat. Est-ce bien transparent, et sans risques ?
Il faut séparer les choses. Tout ce qui est caisse d’allocations de chômage, nous avons une personnalité juridique tout à fait normale…
Vous recevez d’ailleurs un budget supplémentaire pour gérer ces allocations…
Oui. Mais on rend des comptes par rapport à ça. Puis il y a la partie syndicale, et c’est là qu’on n’a pas de personnalité juridique. Mais, par exemple, toutes nos propriétés, ce sont des asbl, avec les obligations qui s’ensuivent. Toutes nos obligations fiscales sociales, elles sont là. Toutes nos obligations par rapport à une tenue de comptabilité, de factures par rapport à des tiers, elles sont là aussi. On a des contrôles internes, un arsenal de mesures. La partie où il ne doit pas y avoir ingérence des autorités politiques, la caisse de grèves, c’est pour préserver le droit de grève.
Donc, des gens malintentionnés qui gèrent ces caisses pourraient en abuser ?
On doit remplir des déclarations sur l’honneur. On a des règles et des normes à respecter.
Vous ne multipliez actuellement pas les grèves. Elle doit être bien remplie, cette caisse ?
Vous savez, une grève de 100 000 personnes comme celle de l’année dernière, ça coûte quand même beaucoup d’argent !
Vous ne pensez pas que certains rouages de la machine syndicaliste belge sont rouillés, empêchent son bon fonctionnement ?
Je trouve que c’est plus une question d’image qu’autre chose. D’autre part, j’ai souvent rencontré des gens qui découvraient le syndicalisme parce qu’ils avaient des difficultés dans leur travail.
L’affiliation résulte souvent d’un constat égoïste ?
Les gens considèrent souvent le syndicat comme une assurance, comme un rempart contre des tas d’abus.
N’y a-t-il pas un culte de la grève, dans les rangs syndicaux ?
En Belgique, le processus pour arriver à la grève est extrêmement long ! C’est vraiment l’argument ultime qu’on utilise quand tous les autres ont échoués !
On vous a vue, l’automne passé, forcer des magasins franchisés qui ne voulaient pas faire grève et y remplir des caddies de surgelés que vous laissiez dégeler dans les allées. Vous ne trouvez pas ça choquant ?
C’est un cas particulier, où le gérant, que j’avais personnellement averti la veille qu’on viendrait – légalement – mettre un piquet, avait appelé un huissier pour venir nous l’interdire ! Le personnel voulait faire grève ! Au mépris du dialogue et de la correction et en profitant de ma confiance, il a préféré employer la manière forte. Nous aussi. Puisque c’était œil pour œil, dent pour dent, on a fait une action caddies.
Mais symboliquement, n’est-ce pas néfaste ?
Vous savez combien les magasins jettent par jour ? Il faut bien reconsidérer toute la problématique des produits qu’on ne veut pas donner à moindre prix aux gens, sous prétexte qu’il y aura des abus.
Où en sont vos relations avec le PS ?
Ce sont des personnes avec qui on discute, des relais, avec qui nous avons des valeurs communes. Mais on a aussi des affiliés qui militent chez Ecolo, il n’y a pas d’exclusive. La différence, c’est qu’Ecolo, à part sur Bruxelles, n’est à aucun niveau de pouvoir. Parfois ils nous rejoignent, et je pense que dans le cas du Pacte entre les générations, ils ont fait des analyses qui nous rejoignaient très fort – très forts inspirées de nos idées d’ailleurs…
Vous avez toujours un siège au bureau du PS ?
On a un mandat, oui. Un mandat d’observateur. Je compte y aller dès que possible.
Si le PS adopte de manière plus régulière un positionnement socio-économique plutôt blairiste, qu’on a pu constater lors du Pacte, vos relations ne risquent-elles pas d’en pâtir ?

Le parti doit être conscient que son attitude a laissé beaucoup d’amertume au niveau des militants et au niveau de l’appareil. Ca, c’est clair. Mais un, il gouverne avec d’autres partis, dans une alliance qu’on peut qualifier de contre-nature. Et c’est clair que Reynders n’est pas un enfant de chœur. Par rapport à ça, la tâche n’est pas simple. Deux, ce qui se passe actuellement au PS, ça ne nous réconforte pas, parce qu’on se dit que ça les affaiblit dans les négociations qu’ils ont, et ça ne nous rassure pas au niveau du monde du travail. Mais des gens comme Demotte ou Onkelinx au fédéral, Marcourt au régional, pour ne citer que ceux-là, on peut leur faire confiance.
Un Jean-Claude Marcourt qui a avoué un jour qu’il gagnait moins depuis qu’il est ministre, à cause des mandats qu’il avait du abandonner, est-il représentatif du socialisme ? Ne risque-t-il pas de choquer des personnes qui sont au seuil de pauvreté ?
Ce qui est honteux, c’est que quelqu’un gagne 770 €. C’est pas que quelqu’un qui a des responsabilités gagne raisonnablement sa vie.
Vos homologues flamands de l’ABVV ont la tâche rude avec le SP.A ?
C’est sûr ; nous au moins, on a un dialogue.
Le SP.A est encore de gauche ?
C’est quoi, être de gauche ?
« Progressiste » ?
Sur certaines matières oui, sur d’autres nettement moins. Mais ça fait partie du courant d’idées flamand.
Didier Reynders ou Joëlle Milquet ?
Joëlle Milquet. Ses idées politiques sont un petit peu plus progressistes que ce que le MR veut afficher, veut donner comme image. Et elle fait preuve d’un certain courage. Et c’est une femme.
Qui est le dernier homme d’Etat belge, selon vous ?
Qui aille dans le sens de ce que moi je défends comme valeurs, malheureusement il n’y en a pas. Mais une grande figure politique qui m’a marquée, c’est quand même André Cools, avec ses travers.
C’est le dernier président du PS à avoir une réelle assise populaire ?
Probablement.
La « question-vérité » : vous êtes un argument marketing pour la FGTB ?
On ne met pas quelqu’un à la tête à la FGTB uniquement pour des raisons de marketing. Je n’ai pas vraiment un profil mou, la FGTB le sait.
Qu’aimeriez-vous qu’on retienne de vous ?
Mon militantisme.

Dans la lutte des places…c’est Gaston qui fracasse

L’Internationale n’a jamais si bien porté son refrain : au parti autoproclamé défenseur des travailleurs, c’est la lutte… pour les places éligibles. Pour preuve, à la présentation de la liste de l’arrondissement de BHV à la Chambre, une surprise plutôt désagréable attendait Mohamed Boukourna, le troisième meilleur score de sa liste en 2003, et conseiller communal à Koekelberg. Malgré un travail acharné et une présence aux séances exemplaire et peu coutumière du mandataire PS moyen, le bougre se voit rétrogradé à la 6e place de sa liste. Une place qui, après un exercice arithmétique des plus simples, se révèle totalement inéligible.

Pourquoi écarter de la Chambre un si bon élément ? Certes, Mohamed Boukourna ne rassemble pas tout le monde par ses positions sur le mariage homosexuel, et sur le fait qu’il incarne l’anti-disciple au doigt sur la couture du pantalon.

Mais une autre raison ne viendrait-elle pas titiller les vieux bronzes ? Il y a de cela quelques temps, Laurette a envoyé une communication interne pour se féliciter de l’arrivée de papa Gaston sur la liste du sénat, le « dernier ouvrier siégeant au parlement »Ce qui est bien mal connaître son parti, puisque Mohamed Boukourna est également ouvrier ! Saisi, ce dernier a renvoyé un communiqué pour préciser les faits, en rappelant son existence. Laurette n’aurait pas apprécié… Face au risque de faire de l’ombre prolétarienne sur Gaston Ier, la fatwa fut lancée sur le probablement futur ex-député. Les tensions étant palpables en interne et par les temps qui courent, les opportunistes n’ont alors pas manqué d’enfoncer le bouchon, sous les yeux observateurs de Lolo et Moureaux, telle Karine Lalieux, qui aurait prétendu à un immobilisme de Boukourna. Belle fraternité ! De son côté, Mohamed Boukourna, en bon prince, continue à y croire et salue même l’arrivée de Gaston au Sénat, qui pourrait bien débloquer la problématique des retraites.

Le syndrome Sotegec

Dans ce jeu de ping-pong pseudo-affairiste, difficile de savoir à qui jeter la pierre, comme le confiait le journaliste namurois Diederick Legrain sur son blog blogs.sudpresse.be/expresso mercredi passé: « Hier [1/4, ndlr], le bourgmestre Jacques Etienne déclarait à la RTBF : « Je ne veux pas donner l’impression que la majorité actuelle règle ses comptes avec l’opposition ». Je (D. Legrain, ndlr) me demande en fait qui peut croire cette faribole ! Qui peut imaginer que la fuite des documents enfonçant Laloux, surgissant dans un média « ami » [Vers l’Avenir, ndlr] grâce auquel les dirigeants actuels sont là où ils sont, pourrait ne pas provenir du Collège ?!? Une divulgation qui survient en plus le lendemain de l’appel d’Anselme, dans le Quotidien de Namur, au maintien de Laloux comme chef de groupe ! C’est le gag du siècle, ça, le poisson d’avril de l’année ! Il faudra un jour que les dirigeants de Namur apprennent à assumer leurs coups fourrés, non ? Depuis la Sotegec, rien n’a changé… ». Pas faux. D’ailleurs, qui avait révélé le pot-aux-roses Sotegec ? Diederick Legrain lui-même !