Jacques Simonet

Profession : Député bruxellois, bourgmestre d’Anderlecht et président de la fédération MR de Bruxelles

Age : 43 ans

Signes particuliers : Du haut de ses échasses, Jacquouille continue inlassablement à dézinguer à tout va, ne tarissant pas de mots doux à l’égard de ses adversaires. Du petit lait à l’état brut.

Profession : Député bruxellois, bourgmestre d’Anderlecht et président de la fédération MR de Bruxelles

Age : 43 ans

Signes particuliers : Du haut de ses échasses, Jacquouille continue inlassablement à dézinguer à tout va, ne tarissant pas de mots doux à l’égard de ses adversaires. Du petit lait à l’état brut.

Vous négligez les lambics, spécialité bruxelloise ?

Je vais me mettre mal avec la famille Van den Stock, mais je trouve la gueuze Belle-Vue infâme. En revanche, chez Cantillon, ils ont un lambic au muscat qui vaut le meilleur champagne !

Que manque-t-il à Bruxelles ?

Un élargissement territorial à son hinterland. Je pense que Moureaux, lorsqu’il était ministre des Réformes institutionnelles en 89, a raté le coche. Il aurait du imposer une région bruxelloise étendue aux limites de l’arrondissement électoral de BHV ou de la province de Brabant. Là, on avait une vraie région avec les limites logiques de son hinterland socio-économique naturel.

Là, les autres partis sont d’accord…

Oui, mais il faut voir ce qu’il en sera lors des négociations… Nothomb avait promis de déposer le dossier des Fourons sur la table des négociations institutionnelles, à la fin des années 80. Il est effectivement arrivé devant la table, a déposé un dossier étiqueté « Fourons », il l’a ensuite retiré, et c’était terminé. J’espère donc que les francophones seront un peu plus résolus que l’a été monsieur « tout va bien », à la belle époque.

Emir Kir ne reconnaît toujours pas avoir signé une pétition négationniste sur le génocide arménien. Est-il tolérable de le garder dans le gouvernement bruxellois ?

Je pense qu’Emir Kir est un garçon de grande qualité sur le plan intellectuel et sur le plan de la représentation qu’on peut avoir des Belges d’origine immigrée, tout comme Fadila Laanan. Ce sont des gens qui font honneur à la Belgique, au point de vue de la multiculturalité. Mais qu’il soit incapable de répondre si oui ou non il a signé cette pétition, c’est se foutre du monde ! Ou alors c’est l’Alzheimer très précoce. Et pour répondre à la question que vous ne m’avez pas posée, je ne vais pas lui lâcher la grappe !

Ca vous arrive d’être déstabilisé ?

Oui, quand je dis des conneries. Quand je vais être désagréable, je sais que je vais l’être, ça ne me déstabilise donc pas. Mais parfois, je veux être aimable, et je fais une bourde. Du genre de dire à une bonne femme qu’elle attend un heureux évènement, alors qu’elle a tout simplement grossi.

Philippe Moureaux vous déstabilise-t-il encore ?

Il y a cinq ans, il arrivait encore à me faire peur. Mais maintenant j’ai changé, et je commence à le connaître. Moureaux a quelque chose de fabuleux par rapport à ça ! Lorsqu’il rentre dans une pièce, la température baisse de 10 degrés. Lorsqu’il met la main sur l’épaule d’un type, même de manière amicale, le type a son sphincter qui se lâche, hein ! Même Gol, qui débattait avec tout le monde, refusait de débattre avec lui.

A présent, c’est à votre tour de le déstabiliser ?

Ouf… non ! Moi qui me trouve cynique, à côté de lui, je ne suis qu’un gamin ! Un autre problème avec Moureaux, c’est que quand il est aimable, on sait qu’il va planter le poignard ! Non, ça… Philippe est incroyable (http://www.lesoir.be/archive/recup%3A%252F1048918%252Farticle%252Factualite%252Fbelgique%252Fpolitique%252F2015-11-20%252Fphilippe-moureaux-je-suis-celui-qui-mis-fin-au-clientelisme-molenbeek). Une vraie vedette !

Avez-vous un moment préféré de la journée ?

Les moments que je passe avec ma famille, mais ces chiens m’ont abandonné pour aller à ma maison de campagne… que je loue à mon beau-père ! Ca me permet de passer pour un soutien de famille (rires)… Enfin maintenant que Pan va en parler, il me remboursera peut-être mon loyer (rires) !

Une couleur préférée ?

Le bleu, les couleurs sombres en général. Etant enfant, j’avais fait tapisser ma chambre en bordeau, et je voulais dormir dans un cercueil. Mais ma mère avait refusé !

Vous avez des penchants gothiques ?

Non, non ! Mais je ne suis pas non plus un luminothérapeute averti.

Avez-vous un film préféré ?

Citizen Kane et Le père noël est une ordure. Ca, à chaque fois que je le vois, je suis à quatre pattes !

Un groupe ou une chanson préférée ?

Quand j’étais jeune, j’aimais bien Led Zeppelin. Mais maintenant, avec mes enfants, c’est DJ Pinocchio et la Star Ac’. L’horreur… Sinon, j’aime bien aussi la musique baroque.

En quoi voudriez-vous être réincarné ?

En bidet, dans un boxon de luxe.

Quel est selon vous l’archétype de la femme parfaite ?

Ma femme. Ou sinon j’aime beaucoup Anne Bancroft, et SigourneyWeaver. J’aime les femmes grandes !

Faut bien arriver à votre niveau !

Evidemment, vous, c’est plutôt Mimie Mathy qu’il vous faut !

Et selon vous, quelle est la femme politique la plus sexy en Belgique ?

Oufti. Je vais être franc avec vous, comme ça ma femme n’y verra que du feu : Madame Simonet ! (Marie-Do, NDLR).

Didier Gosuin ou Olivier Maingain ?

Olivier Maingain, car il a une véritable ligne de conduite. A chaque fois qu’on a eu besoin d’Olivier dans les débats institutionnels, il était là.

Que répondez-vous à Jean-Luc Dehaene, qui le place sur pied d’égalité avec Philippe Dewinter ?

Comme disait De Gaulle à propos de Pétain, « La vieillesse est un ouvrage ». Jean-Luc doit continuer à aller dans les conseils d’administration.

Philippe Moureaux ou Charles Picqué ?

Philippe Moureaux, sur tous les plans. Peut-être pas sur le plan de la chaleur humaine, mais sur la cohérence intellectuelle, la fidélité à ses convictions… Et c’est important en politique.

Louis Michel ou Didier Reynders ?

C’est plus difficile pour moi. Intellectuellement, Didier Reynders est sans pareil. Il fait partie des 24 carats. C’est la petite mousse qui est encore au dessus de la crème du cappuccino. Mais il faut aussi admettre que sans Louis Michel, on ne retournait pas au pouvoir en 99 ! Il a eu la grande intelligence de changer le discours libéral. Comme il le disait lui-même, chacun a son momentum. C’est le moment pour commencer à taper.

Charles Michel ou Olivier Chastel ?

Assez clairement Charles Michel. De toute façon, Olivier Chastel est bloqué à Charleroi !

Qui verriez-vous comme successeur de Didier Reynders à la présidence du MR ?

Je continue à professer la maxime d’Harold Wilson : A week is a long time in politics. Bien malin qui peut prédire ce qu’il va se passer.

Daniel Ducarme ou Hervé Hasquin ?

Là encore, c’est très difficile. J’ai une vrai affection pour Daniel, quels que soient les défauts du personnage. Hervé, c’est différent. La première fois que je l’ai vu, il était recteur de l’ULB et moi président des étudiants libéraux, et il m’avait convoqué pour m’engueuler. Mais il n’y a rien à faire, on ne peut pas ne pas être fasciné par son intelligence.

La même intelligence que Reynders ?

Reynders est différent. Même sans papier, il sait exactement où il en est, où il va. Un peu comme Spit’, hein (Guy Spitaels, NDLR). Il ne le sait pas, et il ne serait pas content s’il savait ce que je dis, mais il a quasiment une construction marxiste de son discours.

Serge Kubla ou Olivier Destexhe ?

Serge Kubla. Ce fut un excellent ministre, et c’est quelqu’un qui joue le jeu du parti. Destexhe a, au contraire, beaucoup profité du parti, sans beaucoup lui rendre.

Joëlle Milquet ou Isabelle Durant ?

Isabelle Durant, pour ce qui c’est passé à Schaerbeek. Elle a respecté le choix de l’électeur, et a fait preuve de courage politique. Joëlle Milquet a aussi ses qualités. Mais elle est trop obsédée par l’idée de devenir un jour vice-première.

Johan Vande Lanotte ou Yves Leterme?

Johan Vande Lanotte, sans hésiter !

Et comme Premier ministre ?

Reynders, il est bilingue au moins. si les Francophones veulent se faire respecter, et avoir un Premier ministre, c’est le seul qui soit crédible. Qu’on ne vienne pas avec Di Rupo ! C’est bien de se balader avec le Standaard sous le bras comme il l’a fait pendant des années en se rendant à la Chambre, mais il faut encore savoir lire, il n’y a pas que des photos dans les journaux. Reynders, lui, a un très bon niveau.

Mais pour avoir un libéral au 16, il faudrait que la famille libérale soit la plus forte du pays ?

Ça s’est déjà vu que ce ne soit pas la plus grande famille politique qui fournisse le premier ministre. Dehaene en 91… Enfin, je cite les grands auteurs. Je ne suis qu’un opticien de village…

Si le MR n’avait pas existé, dans quel parti auriez-vous milité ?

Bon, le cdH, pas question. Philosophiquement, ça ne va pas. Je suis franc-maçon, je ne vais pas commencer à faire le faux-cul. Si je voulais être sympa, je dirais Ecolo. Mais pour quelques types sérieux, il s’agit plutôt d’une bonne bande de farceurs. Non, je pense que j’aurais été au PS… C’est ce qui aurait été le plus normal, je serais rentré dans le parti de mon père. Mais sous Cools, ce n’était pas possible. Ce type était une vraie brute, ce qui se fait de pire dans la politique politicienne socialiste. Il caporalisait ses bourgmestres, ses parlementaires, et même ses ministres

Ce n’est pas le cas d’Elio Di Rupo ?

Vis-à-vis de madame Vienne, il est certainement le chef… Mais par rapport à d’autres, il devrait peut-être se poser des questions !

Votre personnalité préférée au PS ?

A part mon père… Guy Spitaels !

Chez Ecolo ?

Les deux secrétaires fédéraux. Je les considère comme des gens de qualité.

Au cdH ?

Pff… Van Zeeland. Parce que sa petite-fille a été sur une liste commune avec la bourgmestre de Forest.

Vous bouffez du curé ?

Pas du tout. Mais il n’y a rien à faire, pour moi, le cdH, c’est le PSC tel que le décrivait Jean Gol : c’est comme le papier tournesol. Il devient rouge ou bleu selon le liquide dans lequel on le plonge. Je n’arrive pas à saisir leur ligne de conduite.

Avez-vous une question gênante à poser à un adversaire politique ?

Mais lequel ?

Philippe Moureaux ?

Je ne poserai aucune question gênante à Philippe Moureaux, aussi longtemps que nous serons en pleine négociation pour répartir les mandats dans les intercommunales, au détriment du cdH ! Quoique : Philippe, pourquoi as-tu lâché tes amis de l’olivier ?

Comment vous voyez-vous dans dix ans ?

Cfr. Harold Wilson…

Qu’aimeriez-vous qu’on retienne de vous ?

C’est le cadet de mes soucis. En privé, que j’ai été un bon père et un bon mari.

Si vous avez 30 secondes libres, de quoi avez-vous envie de parler ?

Du beau. Les lecteurs de Pan doivent s’en foutre, parce qu’ils sont encore plus cyniques que vous et moi, mais je pense que ça vaut la peine de prendre une minute, quinze minute, ou trente minutes par jour, pour appréhender le beau, que ce soit sur le plan pictural, musical ou autre. Je pense que ça donne une respiration à l’homme et à la femme qui touche la beauté, et qui le rend un peu meilleur.

A qui décerneriez-vous le grand prix Pan d’Or cette année ?

Dans les grands flingués : Laurette Onkelinx ! Ça lui fera plaisir, c’est une amie.

Que pensez-vous avoir gagné avec cet interview ?

L’estime de tous ceux dont j’ai dit du bien. Et comme je n’ai dit du mal de personne, je n’ai rien perdu (rires) !

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