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Le Vlaamse Leeuw est aussi syndicaliste

Ils nous détricotent le pays ! Après les hommes politiques (séparatistes, confédéralistes ou protecteurs des « méchants Flamands »), les médias, les organismes professionnels (Boerenbond, etc.), le patronat, c’est à présent à un certain monde syndical de s’immiscer dans les luttes d’influences du communautarisme identitaire. Ça se passe à Zaventem. À l’aéroport international de Bruxelles où, même/surtout syndiqué, il ne fait plus bon vivre en étant Francophone…

L’aéroport de Zaventem, tous services et filiales confondus, compte approximativement 6 000 employés (ils étaient encore le double, il y a dix ans). Si 90% d’entre eux sont néerlandophones, la direction « conseille fortement » (c’est un euphémisme !) aux 10% de Francophones restant d’être domiciliés en Région flamande (idem pour les pilotes). Si une réglementation est transmise au personnel, celle-ci se fait dans les deux langues : néerlandais et… anglais ! Exemples parmi d’autres de l’ambiance de travail qu’une minorité francophone peut subir. Mais heureusement, les droits des travailleurs sont quelque chose de sacré en Belgique. Et les syndicats présents pour les défendre. Quoique…

Syndicalement expatrié

Si un travailleur devait se retrouver devant le tribunal du travail, par la volonté de son employeur ou pour faire valoir ses droits, outre une volonté patronale, le syndicat de la CMB (métallo de la FGTB flamande) exige à présent que cela se déroule « exclusivement » devant une chambre bruxelloise flamande ! Résultat : le petit Francophone ne peut pas prendre sa défense dans sa propre langue. Soit dit en passant, si BHV est scindé, il sera illico envoyé en Flandre, et n’aura plus à discuter. En réponse à cette curieuse initiative, la direction de la FGTB nous répond : « L’indépendance et l’autonomie des centrales fait que la direction syndicale n’a pas le droit de faire de commentaires sur les choix de celles-ci ! ».

Un cas particulier

Pour ne pas avoir accepté cette logique, un Francophone (délégué de la FGTB-CMB) s’est retrouvé lâché par son syndicat. Pire, il a pu constater, devant le tribunal du travail, que le permanent syndical (son supérieur) avait adressé à la partie adverse (le patron) un soutien écrit et une dénonciation de la volonté de ce paria de s’exprimer dans sa langue ! Balancé par son propre représentant syndical ! Pour la petite histoire, le petit Francophone a reçu du président du tribunal du travail de Bruxelles le droit que son dossier passe dans sa langue maternelle, et a gagné en appel.

Que les derniers rescapés francophones de l’aéroport de Zaventem se le rappellent : ils ne sont que des « immigrés en terres flamandes » (ou en futures terres flamandes, selon BHV) et doivent rentrer dans le moule ! Alors, si le patronat flamand, les syndicats flamands et les politiciens flamands le souhaitent tant, acceptons de leur offrir la liberté d’une Flandre libre et indépendante ! Selon nos estimations, cela devrait libérer 227 000 emplois (nombre de Flamands travaillant dans la très francophone Région bruxelloise), ou autant de taxes (IPP).

11 réponses à “Le Vlaamse Leeuw est aussi syndicaliste”

  1. Kermit dit :

    Vivement que tout ca se termine. Demain cet aeroport sera en pays Flamand, Bruxelles, pays voisin, pourra en toute liberte fixer des normes de bruit qui contraindront la Flandre a assumer SON aeroport toute seule avec des survols nombreux de son territoire, plaintes nombreuses et limitation des vols de nuit a la clef.

    Engonce dans une region surpeuplee, sans espoir de pouvoir se developper, l’aeroport finira comme Orly par perdre ses clients au profit de ….

    - Pour le fret, au profit de l’aeroport de Bierset qui s’apprete a construire une gare TGV fret a proximite de ses installations.

    - Pour les passagers, au profit de l’aeroport de Charleroi qui portera encore mieux son nom de Brussels-South quand Bruxelles ne sera plus qu’a 30 minutes de train depuis la futur gare qui sera enterree sous le terminal (Au passage, 30 minutes, c’est ce que met le RER entre Roissy et Paris ou le Tube entre Heathrow et Londres).

  2. Paselio dit :

    Message fort parlant de Johan. Bien shooté J-le-caricaturiste!

    L’Ă©troitesse d’esprit se rencontre dans toutes les sphères de la population,
    lĂ  en Flandre, ici en CommunautĂ© francophone, ailleurs dans le monde. Chez toutes les “professions” y compris les singedicalistes.
    Comment changer les mentalités?
    Voici un bon sujet de dissertation pour Ă©lèves de rhĂ©to-philo … et nos très nombreux compatriotes Ă  l’esprit clos.

  3. marcs dit :

    @Kermit
    Il faut ne pas vivre dans l’environnement de Gosselies pour penser que le dĂ©veloppement de l’aĂ©roport est un profit pour ses habitants.
    Une nuisance qui ne fait que s’amplifier et Ă  terme une dĂ©valorisation de l’habitat. Bien sur que de l’Ă©voquer n’est pas politiquement correct.
    Je ne sais pas ce que pensent les gens de Bierset et environs ?

  4. Zwartepiet dit :

    Réponse à marcs re: Une nuisance qui ne fait que s’amplifier et à terme une dévalorisation de l’habitat. Bien sur que de l’évoquer n’est pas politiquement correct.

    Effectivement, cela revient Ă  mettre en cause le consensus belge (et wallon, flamand, bruxellois) de faire de la Belgique un “pĂ´le logistique” –c’est-Ă -dire miser un maximum sur les moyens de transports/communications. Tous les partis –Ă  l’exception d’Ecolo/Groen!– sont partisans du dĂ©veloppement du transport routier (on manque de chauffeurs!!), du transport fluvial (construction de nouveaux canaux), des aĂ©roports rĂ©gionaux (aussi bien pour le fret que “passager”), du transport ferroviaire, etc. De Serge Kubla Ă  AndrĂ© Antoine en passant par JosĂ© Happart (Bierset), les politiques belges/wallons font le simple constat que la position centrale de la Belgique –entre l’Allemagne, les Pays-Bas, la France et l’Angleterre– ne saurait ĂŞtre “dĂ©localisable” et donc que, tant que les locomotives Ă©conomiques qui l’entourent, connaissent un essor industriel, eh bien, la “petite Belgique” peut tirer son Ă©pingle du jeu en misant sur la logistique –avec comme corollaire non nĂ©gligeable que cela offre des emplois peu voir pas du tout qualifiĂ©s….

    Zwartepiet.

  5. Bon belge dit :

    @ marcs
    allez donc à vélo de Charleroi à Tombouctou (Mali) pour y voir?
    les dĂ©serts sont des endroits de paix absolument charmant au sonomètre. trop chauds le jour, frigorifiants la nuit, comme cette situation d’Ă©conomie locale sans activitĂ©s autres que des bistros-restos, telle qu’Ă  Châtelet?
    au passage, rasez aussi les activités de la Sabca et la Sonaca, après celles des ACEC, de et de et de.
    sinon, demandez simplement aux usagers low-cost de cesser de tant polluer pour les 30€ qui leur sont demandés pour 1000km de vol peu utile!

  6. XLL dit :

    Est-ce qu’il faut conclure (dĂ©couverte âpre chez les francophones) que mĂŞme la FGTB (tellement dominĂ©e par les francophones et ange gardien depuis toujours de cette Belgique de papa que le Pan satyrise habituellement, ou disons au moins quand le rĂ©flexe bobo bruxellois ne prend pas les devants ) est noyautĂ©e maintenant par (ouille ouille ouille) le VB, ou sinon, tout de mĂŞme par ‘les fachos flamins’ ? MĂŞme la gauche devenue la droite ? Le feu devenu de l’eau? Le Bien devenu le Mal ? Dieu (comme Alan Watts le dĂ©crit) en ligue avec le diable ?) Ou n’est-ce que du vent et la FGTB a-telle raison en ne pas veuillant cĂ©der Ă  un nationalisme extĂŞme francophone ? Après tout si un syndicat considère la langue comme un Ă©lĂ©ment divisif et nocif aux rĂ©sultats de la lutte des ouvriers, cela vaut aussi pour la langue française.
    (Notons aussi que le syndicat n’applique que les dĂ©crets de la rĂ©gion flamande dans laquelle l’aĂ©roport ‘de Bruxelles’ se situe: la langue de communication dans les entreprises y est le nĂ©erlandais, point final. LĂ©gislation qui existe depuis des annĂ©es, ce qui semble Ă©chapper au pauvre petit francophone se plaignant chez Pan.)

  7. Kermit dit :

    @ Marcs

    On ne fait helas pas d’omelettes sans casser des oeufs, et en matiere de transport aerien on en cassera moins a Gosselies qu’a Bruxelles. Ne croyez pas que cela soit cynique mais votre reaction tiens du nimby traditionnel (not in my back yard ou pas dans mon jardin) et certes on la comprend bien. D’un autre cote, a Gosselies ou ailleurs il y aura toujours quelqu’un qui en sera incommode, certains ont une usine qui pue, d’autres un aeroport qui fait du bruit, d’autres encore un site seveso avec les risques qui vont avec, d’autres ont droit a un paysage fait de toles et de cheminees dans tous les sens, chacun y va de sa petite nuisance, le monde est ainsi fait.

  8. NL dit :

    Mais m’sieu XLL, Zââventem est un aĂ©roport fĂ©dĂ©ral non?

  9. XLL dit :

    Et alors, m’sieu Nl ?

  10. marcs dit :

    @bon belge
    J’aimerais suivre votre conseil d’un pĂ©riple “Ă  vĂ©lo” vers Tombouctou ville mythique et enchanteresse.
    HĂ©las, mon âge ne me le permet plus. Comme Gilbert BĂ©co ( le chanteur des annĂ©es 60) je me contente donc de voir passer les avions non pas le dimanche Ă  Orly…mais tous les jours de Gosselies et de rĂŞver aux destination fĂ©erique. Mirage du dĂ©sert sans doute.
    Je ne demande qu’une chose que le rĂŞve ne se transforme en cauchemar par un dĂ©veloppement incontrĂ´lĂ© d’une activitĂ© Ă©conomique utile mais qui ne peut nĂ©gliger les paramètres de son environnement. Mettre une touche de modĂ©ration sur les enthousia
    Bien sur l’entreprise est le vecteur essentiel du dĂ©veloppement Ă©conomique couplĂ© au progrès social et au mieux vivre. Si je revendique aussi le qualificatif de bon belge

  11. Hendrik de Stoute dit :

    Avant de tirer des conclusions hâtives ou d’en faire une caricature je suggère aux rĂ©dacteurs de Le Pan la lecture de l’article “Perspectives socialistes sur la question flamande” d’Ernest MANDEL et Jacques YERNA. Ou si vous aviez un peut pus de temps la lecture du livre “Le Mouvement flamand expliquĂ© aux francophones” par Alain DESTEXHE (Éditions Luc Pire).

    * Perspectives socialistes sur la question flamande:

    * Le Mouvement flamand expliqué aux francophones :

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